Bitcoin et autres cryptomonnaies : près d'une personne sur cinq en Suisse détient des cryptomonnaies
Les cryptomonnaies ont nettement gagné en popularité en Suisse : environ 18 % de la population détient actuellement des bitcoins et autres cryptomonnaies, soit deux points de pourcentage de plus que l'année dernière. C'est ce que révèle une nouvelle étude de la Haute école de Lucerne, réalisée en collaboration avec la Banque cantonale de Lucerne.

En Suisse, les investissements dans les cryptomonnaies ne sont plus depuis longtemps un sujet de niche. Selon une nouvelle étude de l’Institut des services financiers de Zoug (IFZ) de la Haute école de Lucerne, menée en collaboration avec la Banque cantonale de Lucerne, environ 18 % des personnes interrogées détiennent actuellement des cryptomonnaies telles que le bitcoin – soit deux points de pourcentage de plus que l’année précédente et nettement plus qu’en 2024, où ce chiffre s’élevait à 11 %. Selon les estimations, environ 140 000 investisseurs supplémentaires ont rejoint le marché l’année dernière. Cette étude repose sur un sondage représentatif mené auprès de 1 772 personnes âgées de 18 ans et plus, issues des régions germanophone, francophone et italophone de la Suisse.
Quand on investit une fois, on ne change plus d'avis
Malgré cette croissance, 70 % des personnes interrogées jugent peu probable, voire impossible, de se lancer ou de se relancer dans ce domaine au cours des deux prochaines années. Ceux qui investissent déjà dans les cryptomonnaies voient toutefois les choses différemment : « Près de 60 % de ce groupe peuvent envisager d'acquérir d'autres cryptomonnaies au cours des deux prochaines années », explique le professeur Andreas Dietrich, directeur de l'étude. L’expérience passée s’avère être de loin le facteur le plus déterminant pour les investissements futurs – bien plus que l’âge, le sexe ou le revenu, et ce, même toutes générations confondues.

La confiance l'emporte sur le prix
Les investisseurs en cryptomonnaies recherchent des solutions abordables, fonctionnelles et intuitives. Lorsqu'il s'agit de prendre une décision d'investissement concrète, ils accordent toutefois plus d'importance au prestataire qu'au prix. Une expérience de prise de décision menée avec des profils de portefeuille variés de manière aléatoire montre que le fait de doubler les frais annuels, qui passent de 0,6 % à 1,2 %, n’a pratiquement aucune influence sur la décision. Ce qui est bien plus déterminant, c’est l’identité du prestataire : auprès d’une banque cantonale, les personnes interrogées investissent en moyenne 31 % d’un bénéfice hypothétique, contre seulement 21 % auprès d’une plateforme exclusivement dédiée aux cryptomonnaies. « Les investissements dans les cryptomonnaies sont ainsi moins perçus comme un sujet de niche exotique que comme un produit financier classique, suscitant des attentes élevées en matière de sécurité, d’efficacité et de convivialité. Et dans cette décision d’investissement, la confiance l’emporte sur le prix », explique le Dr Patric A. Huber, coauteur de l’étude.
Un intérêt considérable pour les services de conseil de la part des banques
Il en résulte une opportunité pour les établissements financiers : 15 % des personnes interrogées seraient plutôt ou très probablement disposées à recourir à un service de conseil en cryptomonnaies proposé par leur propre banque. Extrapolé à l'échelle de la Suisse, cela correspond à plusieurs centaines de milliers, voire à environ un million de personnes. Cet intérêt est réparti de manière inégale : il est nettement plus élevé chez la génération Z (27 %) et chez les milléniaux (21 %) que chez les générations plus âgées. Parmi les personnes qui investissent actuellement, un bon tiers ferait appel à un service de conseil. Pour les non-investisseurs, c’est surtout le manque de connaissances qui les dissuade de se lancer : près de la moitié des personnes n’ayant jamais investi déclarent ne pas en savoir assez sur le sujet.
Beaucoup se lancent au mauvais moment
Les cycles de marché influencent considérablement le comportement des investisseurs en cryptomonnaies en Suisse. Les nouveaux investissements se concentrent sur les phases de forte hausse du cours du bitcoin, par exemple lors de la hausse de 2020 et 2021 ou lors de la reprise tirée par les ETF en 2024 et 2025. L’entrée sur le marché est donc souvent procyclique – lorsque les cours sont déjà en hausse et que l’attention du public est forte –, tandis que les entrées anticycliques, lors de phases de faiblesse, sont rares. Cela augmente le risque de choisir des moments d’entrée défavorables et de subir des pertes par la suite. Les personnes actuellement investies déclarent plus souvent réaliser des bénéfices (57 %) que les anciens investisseurs (43 %). Cela suggère l’existence d’un « biais de survie » : ceux qui ont réussi restent investis ; ceux qui ont subi des pertes ont tendance à quitter le marché.

Recherche sur la blockchain à la Haute école de Lucerne
Les cryptomonnaies telles que le bitcoin reposent sur la blockchain, une technologie numérique décentralisée permettant le stockage et le transfert de valeurs. La Haute école de Lucerne mène des recherches sur cette technologie au-delà de la simple perspective d’investissement. En collaboration avec l’Université de Lucerne, elle fait partie depuis 2024 de l’initiative de recherche conjointe « Blockchain Zug ». Le canton de Zoug participe aux coûts de mise en place à hauteur de 39,35 millions de francs suisses sur cinq ans. L’objectif est de faire de Zoug un centre de recherche de premier plan au niveau mondial dans le domaine de la blockchain.
Source : www.hslu.ch
