SGES 2026 : Allons-y, mais de manière innovante, résiliente et durable !

Du 1er au 4 septembre 2026 s'est tenu à Winterthur le 14e Swiss Green Economy Symposium, la conférence la plus complète de Suisse consacrée à l'économie et au développement durable. Au programme : plus de 250 intervenants, 15 forums consacrés à l'innovation et de nombreuses occasions de réseautage.

Table ronde lors du SGES 2026 sur le thème « L'économie circulaire dans le secteur de la construction », de gauche à droite : Ivo Angehrn (Drees & Sommer), Philipp Noger (Service de la construction respectueuse de l'environnement, canton de Bâle-Ville), Christophe Berset (Holcim) et Anders Dam Vestergaard (Velux), ainsi que le modérateur Dominique Reber. (Photo : Thomas Berner)

Depuis 2013, le Swiss Green Economy Symposium (SGES) est la conférence la plus complète sur l'économie et le développement durable en Suisse. L'édition de cette année avait pour thème « Agir ! Innovation. Résilience. Durabilité. » , avec pour objectif de transformer ensemble les défis du développement durable en opportunités. Le symposium s’est déroulé sur trois jours et demi et proposait un programme dense : plus de 250 intervenants, deux programmes principaux, 15 forums d’approfondissement sur l’innovation, des visites d’entreprises sur deux sites (SGEXperience), de nombreuses opportunités de réseautage ainsi que le premier congrès sur la biodiversité en Suisse.

La résilience, un impératif de notre époque

Au programme du 2 septembre figuraient notamment les thèmes suivants : les chaînes d'approvisionnement durables, l'économie circulaire dans le secteur de la construction ou encore la problématique des PFAS. Le Dr Stephan Mumenthaler, directeur de scienceindustries, l’association faîtière de l’industrie chimique, pharmaceutique et des sciences de la vie en Suisse, s’est notamment exprimé sur les chaînes d’approvisionnement durables et la sécurité d’approvisionnement. Au vu notamment de l’expérience tirée de la pandémie de coronavirus, qui a entraîné des pénuries de matériel sanitaire, il ne faut pas en conclure que la Suisse doive tout produire elle-même pour garantir la sécurité d’approvisionnement. La solution réside bien plutôt dans la diversification des sources d’approvisionnement. « Des marchés ouverts en sont la condition préalable », a déclaré M. Mumenthaler en référence à la politique économique de notre pays. Le Dr Tanja Schaffer, Global Head BL CDMO chez Arxada, a montré à quel point l’industrie chimique – l’un des principaux « moteurs des exportations » de la Suisse – dépend de conditions-cadres favorables. La sécurité économique est aussi synonyme de sécurité nationale, a-t-elle souligné dans son exposé liminaire. Elle considère que l’une des forces de la Suisse réside dans sa capacité à aborder les défis de manière interdépendante : « Les objectifs climatiques et la résilience ne peuvent être atteints de manière isolée », a déclaré Mme Schaffer. Elle a conclu par cette réflexion : « La résilience naît là où la politique, l’économie et la société s’engagent dans une direction commune ». La table ronde qui a suivi – à laquelle ont également participé, sur scène, le Dr Ronald Indergand, chef de la Direction de la politique économique au SECO, et le Dr Roland Pfister, délégué à l'approvisionnement économique du pays – a montré, au vu de la situation géopolitique actuelle, à quel point les systèmes actuels sont fragiles. Ronald Indergand a souligné que la résilience devait venir des entreprises et de la société. Le rôle des pouvoirs publics serait de créer les conditions-cadres nécessaires. Il a toutefois également fait remarquer qu’il était devenu difficile, au niveau international, de se faire entendre en tant que petit pays.

Économie circulaire dans le secteur du bâtiment : on « fait » déjà beaucoup»

Le bloc thématique « Économie circulaire dans le bâtiment » pouvait être regroupé sous le mot-clé « Agir ». Le secteur du bâtiment fait partie de ceux qui présentent une empreinte carbone particulièrement importante, principalement en raison des matériaux de construction que sont le verre et le béton. Anders Dam Vestergaard, vice-président exécutif des ventes du groupe VELUX, a présenté les axes prioritaires de son entreprise : réduire les émissions, élargir les cycles de vie des matériaux et protéger la nature. Construire avec des matériaux déjà existants permettrait de réduire l'empreinte carbone d'un tiers. Christophe Berset, responsable des ventes de ciment pour la Suisse alémanique et des nouvelles solutions chez Holcim Suisse, a souligné le rôle actif de l’industrie du béton dans l’économie circulaire. En Suisse, 80 % des déchets de béton sont déjà recyclés. Toutefois, les matériaux contaminés par des substances nocives restent un défi. Le secteur immobilier a également un rôle à jouer, comme l’a souligné Ivo Angehrn, responsable du développement durable chez Drees & Sommer Suisse, lors de la discussion qui a suivi. Le CO₂ constitue justement un levier majeur dans le secteur de la construction – « plus important que n’importe quelle mesure écologique que l’on puisse mentionner dans un rapport ESG », selon M. Angehrn. Pour Philipp Noger, responsable du service « Planification et construction respectueuses de l’environnement » du canton de Bâle-Ville, l’économie circulaire dans le secteur de la construction est une nécessité absolue. En effet, les décharges suisses ne cessent de se remplir.

Les PFAS : un problème littéralement « éternel »

Le 2 septembre également, le programme comprenait un bloc thématique consacré aux PFAS, ces « substances chimiques éternelles ». Les participants à une table ronde étaient unanimes : les PFAS constituent un problème, et les solutions à y apporter sont complexes. Il n’est déjà pas facile de trouver des valeurs limites écologiquement et économiquement acceptables pour les PFAS, comme l’a souligné Michael Widmer, directeur général de l’association « Baustoff Kreislauf ». Selon Simon Liechti, de l’Office fédéral de l’environnement, l’une des voies à suivre passe par le remplacement des PFAS : « Là où il existe des alternatives aux PFAS, celles-ci doivent être mises en œuvre le plus rapidement possible », a-t-il déclaré en faisant référence aux interdictions en cours d’élaboration au sein de l’UE. Dominique Werner, responsable de la législation sur les produits chimiques chez scienceindustries, a estimé qu’il fallait en savoir davantage sur l’utilisation des PFAS afin de trouver une réglementation adaptée. La question principale qui se posait était de savoir qui devait payer pour les conséquences de la contamination par les PFAS, dont l’origine ne peut souvent plus être déterminée avec précision. Cette question a suscité – mis à part la question du traitement des sites contaminés – un grand silence. Une voix issue du secteur agricole, directement concerné par les sols pollués, faisait également défaut sur le podium – peut-être le seul bémol que l’on pourrait reprocher a posteriori aux organisateurs du SGES.

Ils ont fait part de leurs préoccupations concernant les PFAS, mais ont également montré que de nombreuses mesures sont prises pour résoudre ce problème (de gauche à droite) : Simon Liechti (OFEV), Olivier Barbery (Vigier), Dominique Werner (scienceindustries) et Michael Widmer (Association pour le recyclage des matériaux de construction). (Photo : Thomas Berner)

Emballage et biodiversité

La deuxième journée du SGES a ensuite été consacrée aux thèmes « Emballages et économie circulaire » (notamment au regard du nouveau règlement européen sur les emballages, le PPWR) et « Considérer et protéger conjointement le climat et la biodiversité ». La question suivante a également été posée : « Économie circulaire et innovation : une opportunité stratégique ? » Parmi les intervenants figuraient notamment la professeure Julia Binder (professeure IMD en transformation des entreprises et directrice du Center for Sustainable and Inclusive Business), Thomas Vellacott (directeur général du WWF Suisse), Isabelle Gómez Truedsson (adjointe au délégué du Conseil fédéral pour l’Agenda 2030, DFAE – Département fédéral des affaires étrangères) ainsi que le professeur Selçuk Yildirim, directeur du Centre pour la production et le conditionnement des denrées alimentaires de la ZHAW.

Le 4 septembre 2026 a également vu se tenir, pour la première fois, un congrès dédié à la biodiversité. Lors d’échanges entre des personnalités éminentes issues des milieux économiques, scientifiques, politiques, administratifs et des ONG, des solutions communes aux défis actuels ont été discutées.

Catherine Tschudi, de Schneider Electric, s'exprime lors du forum sur l'innovation « Énergie et numérisation » au sujet de l'influence de l'efficacité énergétique sur la compétitivité. (Photo : Thomas Oehrli / SGES / #SGES2026)

Forums sur l'innovation : une connaissance approfondie

Les 15 forums sur l'innovation ont abordé des thèmes concrets et ont réuni des acteurs issus des milieux économiques, scientifiques et administratifs. Les discussions ont notamment porté sur le développement urbain durable (IF.08 « Des espaces urbains où il fait bon vivre »), le renforcement des chaînes d’approvisionnement et de la compétitivité de la Suisse en tant que site de production (IF.11), la diffusion internationale des innovations durables par le biais de la propriété intellectuelle (IF.14) ainsi que la combinaison du bois et du béton dans la construction durable (IF.16). Le thème « Énergie et numérisation » (IF.09) a également suscité de l’intérêt. Diverses approches ont été présentées pour permettre une gestion des systèmes énergétiques mieux adaptée aux besoins grâce à la numérisation. La géothermie a également été mise en avant comme source d’énergie alternative : peut-être la solution à la pénurie d’énergie se trouve-t-elle effectivement dans les profondeurs…

Plus d'informations : www.sges.ch

(Visité 116 fois, 1 visites aujourd'hui)

Plus d'articles sur le sujet