Symposium PME suisse à Baden : Les signaux de la révolution industrielle

Le 19 mars 2026, de nombreux entrepreneurs se sont réunis pour une nouvelle édition du KMU Swiss Symposium. Cette fois-ci, le thème était «Révolution industrielle 2026».

Touche internationale au KMU Swiss Symposium : Dr Steve S.W. Wang, délégué de Taiwan en Suisse (à gauche), et Raymond Albert H. Batac, représentant de l'OMC des Philippines en Suisse (à droite), en discussion avec le modérateur Hugo Bigi. (Photo : Thomas Berner)

A première vue, le thème de la conférence n'a pas l'air très actuel. Pourtant, il a mis l'accent sur la question de savoir comment révolutionner les marchés de manière ciblée et en tirer des avantages concurrentiels durables - une question à laquelle les entreprises doivent constamment faire face. «Celui qui arrive en retard a son moment Nokia», a déclaré le modérateur Hugo Bigi dans son introduction au thème.

Lire correctement les signaux

Le premier orateur de l'après-midi a été Michael Böni, pionnier de la numérisation, fondateur de Boeni Industries et auteur du livre «Signals of Change : Decoding Tomorrow». Böni a montré le modèle selon lequel les nouveaux développements se déroulent généralement : Une goutte d'eau, c'est-à-dire un premier signal, donne naissance à une vague qui peut finalement se transformer en tsunami. C'est ce qui s'est passé avec l'IA générative : des premières mentions à la percée avec GPT-3, DALL-E, etc. jusqu'à la pénétration actuelle du monde du travail par des agents IA, le nombre d'utilisateurs augmente rapidement. Reconnaître les premiers signaux et savoir les lire correctement est une condition préalable à un succès durable, peut se résumer l'exposé de Böni. Mais il a également souligné qu'il ne fallait pas confondre un battage médiatique avec un signal. Le risque est plutôt de négliger les signaux faibles parce qu'ils ne correspondent pas au modèle commercial. Il a donné comme conseils aux entrepreneurs de faire chaque jour un bref «scan de signaux», d'intégrer différentes perspectives dans les équipes et d'identifier consciemment une fois par trimestre un signal faible et de le soumettre à un examen plus approfondi. «Les signaux permettent de gagner du temps pour générer de l'innovation», explique Böni. Et : «L'avenir appartient à ceux qui le voient venir».»

Aude Pugin a montré la contribution de l'industrie suisse dans le domaine spatial. (Image : Thomas Berner)

Une partie de cet avenir se trouve hors de notre terre, c'est-à-dire dans l'espace. L'espace devient de plus en plus une partie de notre infrastructure - navigation, observation, communication sont des mots-clés importants - et donc un facteur économique. Aude Pugin, CEO d'APCO Technologies à Aigle, a montré dans son intervention le rôle - sous-estimé - que jouent déjà les entreprises et la recherche suisses dans ce domaine. Son entreprise fabrique des pièces pour le lanceur Ariane 6 et participe au développement de satellites. L'entreprise occupe également une position de leader dans la construction de centrales électriques - APCO a joué un rôle important dans la construction de 49 des 56 centrales nucléaires en France - et dans la construction navale. Dans le contexte de l'espace, l'entreprise est un exemple de la manière dont l'industrie suisse peut continuer à s'occuper de projets révolutionnaires. Les coopérations transfrontalières sont toutefois déterminantes à cet égard.

L'humour - et l'attractivité des marchés d'Asie du Sud-Est

Malgré une situation mondiale difficile, l'humour ne doit pas être négligé. Tel était le thème de Rob Spence. Le standup comedian australo-suisse et coach en humour a montré que nous avons plus que jamais besoin d'humour. Il a expliqué l'importance du rire pour l'être humain, en le ponctuant de punchlines bien rodées. C'est en tant qu'enfants que nous rions le plus. Mais l'école et le travail nous «apprennent» à ne pas avoir d'humour et à être créatifs. En tant que petit enfant, nous rions plusieurs centaines de fois par jour, alors qu'à l'âge adulte, nous rions encore huit à dix fois - les femmes riant toujours plus souvent que les hommes. Cependant, l'effet positif de l'humour sur la santé mentale est scientifiquement prouvé. Une raison suffisante pour célébrer l'humour sur le lieu de travail également. Même le rire artificiel est efficace, selon Rob Spence.

Rob Spence, comédien de standup et coach en humour. (Image : Thomas Berner)

Steve S.W. Wang, délégué de Taiwan en Suisse, et Raymond Albert H. Batac, représentant des Philippines auprès de l'OMC, ont ensuite abordé la question de la pénétration ciblée de nouveaux marchés par les entreprises. Les deux hommes ont expliqué les opportunités pour les entreprises suisses d'être actives économiquement dans leurs pays. Dans ce contexte, les deux hommes ont souligné que les États d'Asie du Sud-Est pouvaient constituer une alternative intéressante à la Chine et n'étaient pas seulement des destinations touristiques. Taïwan est surtout attractive pour les secteurs orientés vers la technologie, également en tant que marché test pour être actif plus tard en Chine continentale. Les Philippines présentent quant à elles des avantages culturels, notamment en raison de la grande diffusion de la langue anglaise. Les deux pays sont ouverts à tous les secteurs. Il y aurait tout au plus des restrictions pour le secteur de la finance et des assurances, qui est fortement réglementé à Taiwan, comme l'a expliqué Steven Wang. Les deux interlocuteurs ont en outre souligné l'importance de collaborer avec des partenaires locaux. L'établissement d'une relation de confiance constitue la base de la réussite des affaires. Un horizon de planification à long terme est également décisif.

Le KMU Swiss Award, un digne point final

La remise du KMU SWISS Award a constitué le point final de la manifestation. A l'issue d'un processus de sélection en plusieurs étapes, le jury a choisi le lauréat parmi plusieurs nominations. EMCH Ascenseurs SA de Berne a récompensé une entreprise qui, grâce à son courage, sa persévérance et sa responsabilité, montre de manière impressionnante comment un succès durable peut être construit et assuré sur plusieurs années et générations. Sa contribution au maintien de la place industrielle suisse - la fabrication des ascenseurs se fait entièrement en Suisse - et son engagement en faveur de la responsabilité sociale ont été particulièrement appréciés. Ainsi, EMCH Ascenseurs contribue à la réinsertion de chômeurs de longue durée sur le marché du travail.

Markus Kramer, membre du jury, rend hommage aux gagnants du KMU Swiss Award Bernhard et Hansjürg Emch (de gauche à droite) de EMCH Aufzüge AG. (Photo : Thomas Berner)

Le prochain symposium PME suisse aura lieu le 15 octobre 2026 à Brugg. Le thème sera alors : «Think greater again».

Plus d'informations : www.kmuswiss.ch

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