L'IA fait exploser le nombre de candidatures
Les employeurs sont confrontés à un nouveau défi en matière de recrutement : le nombre de candidatures augmente rapidement, notamment grâce à l'utilisation de l'intelligence artificielle.

Avec les fonctions «Quick Apply» sur les plateformes d'emploi et LinkedIn, ainsi que les outils d'intelligence artificielle capables d'envoyer des dizaines de candidatures en quelques minutes, les entreprises sont aujourd'hui confrontées à un véritable afflux de candidatures. Il est donc de plus en plus difficile de reconnaître les talents qui correspondent vraiment. «Certains recruteurs reçoivent désormais plus de 800 candidatures pour des postes de cadres moyens, soit plus du double de l'année dernière», explique Tom Lakin, Global Head of Future of Work Advisory de la société de recrutement Robert Walters. «De nombreuses candidatures ont un aspect presque identique. Dans un marché du travail dominé par l'IA, le jugement humain est donc plus important que jamais».»
L'IA change la manière de postuler
Deux évolutions poussent particulièrement cette tendance. D'une part, les processus de candidature sont de plus en plus automatisés et souvent peu transparents pour les candidats. Les systèmes de gestion des candidatures (ATS) ne donnent souvent guère de visibilité sur l'état ou les prochaines étapes du processus.
D'autre part, de nombreux candidats utilisent eux-mêmes l'IA pour augmenter leurs chances. Des outils comme LazyApply ou des robots de candidature automatisés parcourent les bourses de l'emploi et envoient des candidatures en masse - parfois sans même que les candidats aient lu l'offre d'emploi en détail.
Les études de Robert Walters montrent que 56 % des professionnels utilisent désormais l'IA d'une manière ou d'une autre pour leurs candidatures, et que près d'une personne sur cinq l'utilise même régulièrement. Cela permet certes d'augmenter le nombre de candidatures, mais pas automatiquement d'en améliorer la qualité. Les employeurs font de plus en plus état de CV génériques générés par l'IA et de candidatures moins personnalisées - ce qui rend plus difficile le filtrage des vrais talents.
Le jugement humain reste indispensable
Pour faire face au nombre élevé de candidatures, de nombreuses entreprises recourent de plus en plus à des outils de screening basés sur l'IA. Ceux-ci peuvent accélérer les processus, mais comportent également des risques : ils peuvent renforcer les biais existants, réduire la transparence et ne pas tenir compte des différences subtiles qui caractérisent le jugement humain.
«Les équipes les plus performantes ne cherchent pas à automatiser complètement le problème», explique Faye Walshe, directrice de l'innovation et de l'IA chez Robert Walters. «Elles placent délibérément l'homme au centre du processus : elles vérifient les compétences réelles tôt dans le processus de sélection, remettent en question de manière critique les shortlists générées par l'IA et testent régulièrement leurs outils. Ils parviennent ainsi à séparer le bon grain de l'ivraie et à prendre de meilleures décisions de recrutement».»
Comment les entreprises peuvent-elles réagir ?
Robert Walters fait les recommandations suivantes pour faire face à l'afflux de candidatures dues à l'IA :
- Utiliser l'IA de manière responsable : L'IA peut aider à la présélection initiale, mais l'évaluation finale devrait toujours revenir à l'homme.
- Rendre les processus plus transparents : Des processus de candidature clairs et compréhensibles réduisent les candidatures non pertinentes et améliorent la qualité des candidats.
- Vérifier les compétences à un stade précoce : Des échantillons de travail, de courtes tâches ou des entretiens structurés aident à identifier rapidement les véritables compétences.
- Contrôler régulièrement les outils d'IA : Des audits réguliers permettent d'identifier les biais, de garantir l'équité et de répondre aux exigences réglementaires.
L'IA va continuer à transformer le recrutement en 2026. Les entreprises qui parviennent à combiner l'efficacité technologique et le jugement humain s'offrent un net avantage concurrentiel. Celles qui placent la transparence, l'équité et la capacité de décision humaine au centre de leurs préoccupations pourront gérer l'afflux de candidatures - tout en trouvant les bons talents.
Source : Robert Walters

